Dans ce petit palais hérémensard, nous ne sommes pas chez Hérazade, mais chez les Logean. Un appartement d’un niveau au rez supérieur d’une bâtisse d’époque, située en plein coeur du village, sous la sculpturale église de Förderer. La typologie nous est désormais familière : la “mejòn” maçonnée, côté rue, et le “péyo” en madriers, à l’aval, qui jouit d’une vue imprenable sur la vallée. Le projet propose de réorganiser le logement en un seul geste : la reconstruction d’un noyau servant, articulé de part et d’autre de la paroi intermédiaire en madriers qu’il englobe. Se tenant à distance de la périphérie, cette boîte laissera la place nécessaire à améliorer, ultérieurement, la qualité thermique de l’enveloppe de l’habitation. Accolée aux boisseaux de fumée à préserver, elle offre une nouvelle salle de douche dans la “mejòn”, et accepte qu’y soit adossé un agencement de cuisine en relation à l’espace de vie libéré, dans le “péyo”. Elle se prolonge, dans la “mejòn”, sous la forme d’un matelas moelleux qui se déroule au sol à la manière d’un tapis. Un tapis douillet dont l’épaisseur permet le passage discret de la technique. Un tapis qui n’est pas d’orient, mais “d’ormant”. Un tapis qui saura emmener la famille Logean, ou ses hôtes, vers les mille et une nuits…